Bien entendu, tous ces produits volatils doivent être conservés en récipients fermés, loin d'une source de chaleur.
Enfin, pour éviter des confusions et des erreurs d'utilisation, identifiez par une étiquette le contenu de chaque récipient, et… ne laissez pas ces produits à portée de main des enfants…
Support
Ce qu'il faut savoir - Types de supports
Le support est la surface qui va recevoir - et conserver - la couche colorée. Il doit donc présenter des propriétés qui favorisent ces deux fonctions: il doit être plat (en tout cas le plus souvent) et il doit surtout permettre un bon accrochage de la couche colorée en évitant que celle-ci s'écaille et se détériore avec le temps.
Les peintres ont découvert depuis bien longtemps qu'il n'existe pas de support idéal répondant parfaitement à ces deux fonctions et qu'il est donc nécessaire de préparer la surface du support pour qu'il réponde à ce qu'on en attend!
Les principaux supports utilisés sont le bois (en panneau), le papier, la toile. Mais il en existe beaucoup d'autres, à commencer par la pierre, les revêtements muraux en plâtre ou en chaux, le verre, les métaux…
Préparation du support
Pour les trois principaux supports utilisés par les peintres (bois, papier et toile), la préparation classique va consister à le recouvrir d'une couche d'enduit qui fera disparaître les défauts et aspérités de surface et assurera le lien entre le support et la couleur ( l'enduit sera un peu absorbée par le support et il absorbera lui-même un peu la peinture).
L'enduit le plus connu, et le plus simple à préparer, est le mélange préparé à chaud d'une colle (caséine ou colle de peaux) et de Blanc d'Espagne. Il faut se reporter à la littérature spécialisée pour les différentes recettes classiques de ces préparations.
Cet enduit étant posé avec une large brosse sur le support, on le laissera sécher pour ensuite le poncer finement. Il est en général nécessaire de poser 2 ou 3 couches de cette préparation avant d'obtenir une surface régulière, masquant totalement le support, lumineuse et donc satisfaisante pour recevoir la peinture.
Les toiles prêtes à l'emploi offertes dans le commerce ont reçu une préparation de ce type, ou une préparation avec du gesso (enduit acrylique). Elles peuvent être utilisées directement après un léger ponçage.
A éviter absolument (car ils s'écaillent après quelques années) les enduits gras du commerce (enduits glycérophtaliques).
Pour les papiers, ils peuvent souvent recevoir tels quels la couche colorée. Il est cependant souhaitable de les préparer aussi par exemple par une application légère de blanc de titane (pour avoir un fond lumineux) dilué dans du médium à peindre largement coupé de térébenthine.
Bien entendu il faudra choisir un papier bien adapté, c'est à dire assez lourd, pas trop absorbant et n'ayant pas reçu d'apprêt final (éviter les papiers couchés, conçus pour recevoir les encres d'imprimerie et non la peinture à l'huile).
Le plus souvent - c'est le cas des toiles offertes dans le commerce - le fond est blanc. Mais il est possible de colorer, plus ou moins intensément, l'enduit lors de son application sur le support. Ceci est à la convenance de l'artiste en fonction des effets qu'il recherche.
Un peu d'histoire
Les peintures les plus anciennes connues - les portraits du "Fayoum", réalisés il y a plus de 2000 ans - ont été peintes sur des panneaux de bois. Elles sont remarquablement conservées.
Le bois est resté le support privilégié des peintres jusqu'au Moyen Âge où apparaissent les peintures sur parchemins (les enluminures, les "Livres d'Heures"…).
Avec la diffusion progressive du papier ce support est progressivement utilisé par les peintres, à la fois pour ses qualités, ses dimensions plus grandes que les parchemins, sa conservation facile…
La toile fait progressivement son apparition - vers le 14ième siècle ? - lorsque les peintres sont invités à faire des œuvres de grandes dimensions pour lesquelles la réalisation de panneaux de bois serait quasi impossible. Elle est d'abord utilisée en fait pour préparer la surface à peindre des panneaux de bois, puis elle est utilisée seule et pour ses propres mérites (notamment la possibilité d'être roulée pour l'expédition facile des œuvres de grandes dimensions).
Elle se généralise alors dans l'univers de la peinture, sans faire reculer le papier qui est - lui aussi - un support remarquable. C'est ainsi que de grands artistes (Leonard de Vinci, Rubens, Rembrandt…) ont utilisé conjointement ces deux supports pour leurs œuvres maîtresses.
Couleurs à l'huile
Ce qu'il faut savoir
Les couleurs à l'huile sont constitués de pigments colorés, soit naturels (les ocres, les "terres"…), soit obtenus par voie chimique, broyés en présence d'une huile qui facilite le broyage.
Pendant longtemps l'huile utilisée par les fabricants de couleurs a été l'huile de lin. Elle est remplacée depuis quelques années par l'huile d'oeillette, plus légère.
Après broyage le produit coloré obtenu est mis en tube, conditionnement offrant à la fois une excellente protection mécanique et contre l'oxydation, mais aussi une grande facilité d'emploi pour les utilisateurs.
Un peu d'histoire
Avant l'apparition du tube les peintres préparaient eux mêmes leurs couleurs en les broyant à l'atelier. Les matières d'origine étaient constituées par toutes les gammes d'oxydes naturels allant des jaunes aux rouges les plus vifs, et quelques pierres fines (turquoises et lapis lazulis pour les bleus, malachite…).
Les différentes qualités de couleurs et les gammes de prix
Les fabricants de couleurs présentent le plus souvent au moins deux gammes de couleurs, les couleurs "fines" et les couleurs "extra fines". La différence de qualité entre ces deux dénominations réside essentiellement dans la finesse du broyage, les couleurs "extra fines" étant broyées plus finement que les couleurs fines.
D'une façon générale les couleurs extra fines auront donc un pouvoir colorant sensiblement plus fort que les couleurs fines et les peintres doivent en tenir compte lors des mélanges de couleurs, les glacis…
Le broyage étant une opération longue et coûteuse il est naturel que les couleurs extra fines soient plus chères.
Les différences de prix existant, pour une même qualité de broyage, entre deux couleurs différentes, résultent des écarts de coût entre les pigments eux mêmes, mais aussi de la concentration en pigment.
On notera, par exemple, que certains rouges, très coûteux, sont extrêmement concentrés en pigment et peuvent (doivent) donc être mis en œuvre avec parcimonie.
Chaque marque a évidemment ses dosages et des précautions doivent être prises lorsque l'on passe d'une marque à une autre pour une même couleur. Il faut alors "ré étalonner sa palette".
Un mot sur les blancs
On trouve dans le commerce trois type de blancs: le blanc de zinc, le blanc d'argent, le blanc de titane.
Lorsque l'on utilise le blanc comme une couleur, on observera que le blanc de titane est à la fois le plus blanc des trois et le plus puissant. Le blanc de zinc tire un peu sur le jaune et sa nuance peut s'altérer quelque peu au vieillissement. Il est moins puissant en mélange que le blanc de titane. Le blanc d'argent se situe entre ces deux extrêmes.
La différence entre couleur fine et couleur extra fine se retrouve aussi pour ces blancs, au moins chez certains fabricants de couleurs.
Matériel de Base
Votre décision est donc prise! Vous allez vous mettre à peindre! La peinture à l'huile correspond à vos goûts et c'est donc ce médium que vous choisissez!
Avant de commencer: Bon sens et esprit pratique
Avant d'aller chez le marchand de couleurs faire vos premières emplettes (ou de suggérer distraitement à vos parents, conjoint(e), ami(e)s…qu'un coffret de peintures serait un cadeau parfait pour votre anniversaire…) pensez à quelques aspects pratiques:
· Où allez-vous vous installer pour peindre dans votre appartement? Il faut un peu d'espace pour peindre. Il en faut aussi pour ranger matériel et couleurs entre deux séances. C'est donc à réfléchir et à organiser. D'ailleurs l'espace dont vous disposez sera l'un des éléments dans le choix de votre matériel. Autre "détail" important: votre espace de travail doit avoir un bon éclairage, que cet éclairage soit naturel ou artificiel. Pensez-y dans votre choix.
· En peignant, vous ferez immanquablement des taches, des bavures… Prévoyez des habits ne craignant rien et sur lesquels vous pourrez vous essuyer les mains en cours de séance…Prévoyez des chiffons (du genre vieux T Shirts) qui seront parfaits pour essuyer vos pinceaux…
· Si vous prévoyez de vous installer sur une table, protégez là par des journaux lorsque vous peignez, surtout si c'est une table ancienne en bois précieux, achetée à prix d'or chez un antiquaire! Ne prenez pas le risque d'y laisser un gros pâté de vermillon!
· Prévoyez aussi quelques pots en verre qui vous seront utiles pour mettre de la térébenthine de rinçage des pinceaux, votre médium à peindre, votre siccatif si besoin est. Choisissez plutôt des pots munis d'un couvercle hermétique de façon à les conserver bien fermés entre deux séances, ceci évitant aux liquides de s'évaporer ou de se renverser…Prévoyez d'identifier par une étiquette le contenu de chaque pot!
· Enfin, si vous ne l'avez pas encore fait, procurez-vous un ouvrage d'apprentissage de la peinture à l'huile pour y découvrir le B.A. ba avant d'ouvrir vos premiers tubes de couleurs. Il en existe beaucoup! Choisissez le plus simple et le plus illustré.
Ce qu'il faut savoir
Pour commencer vous devez vous doter d'une palette, d'un chevalet et d'une série de pinceaux.
La palette
C'est elle qui va porter vos couleurs pendant votre travail. C'est en général une plaque de bois (mais il existe d'autres matières), de formes et de dimensions variables, percée d'une ouverture biseautée qui permet le passage du pouce pour la tenir, souvent avec quelques pinceaux.
Une très grande palette (celle en forme de croissant des décorateurs) sera commode pour recevoir de grandes quantités de couleurs (lorsque l'on travaille sur des grandes surfaces), mais sera fatiguante à l'usage en raison de son poids.
Une petite palette, ovale, sera très agréable en main, mais bien étroite pour recevoir toutes les couleurs que vous voulez mettre en œuvre. Elle est pratique pour les finitions, les retouches, les rehauts.
Le choix d'une voie moyenne est en général le bon pour commencer. Ma palette est rectangulaire dans un format de 40 X 27 cm, en bois exotique dur. Elle répond à presque tous les besoins.
Le chevalet
C'est lui qui va recevoir le support sur lequel vous peignez (toile, carton, panneau…). Là encore il en existe de multiples modèles dans des dimensions très variables. Le choix qui s'avère souvent le plus pratique, pour commencer, est celui d'un chevalet de table. Choisissez-le robuste, inclinable et réglable en hauteur, dans une dimension qui permette de recevoir des toiles jusqu'à 65 ou 70 cm, ce qui est déjà un bon format. Il existe dans ces caractéristiques des chevalets en bois, d'autres pliables en métal. Le mien est en bois, mais la formule en métal présente aussi des avantages.
Les marchands spécialisés proposent - si votre atelier est spacieux - de grands chevalets d'atelier. Là encore la clé du choix est certainement la robustesse, la stabilité, la dimension maximale des toiles acceptables.
Enfin il existe des chevalet/coffrets. Ces chevalets offrent l'avantage de servir aussi de boîte à peinture. Ils permettent enfin de recevoir votre palette, vos pinceaux, divers flacons. Pliables ils se rangent facilement. Si c'est votre choix, prenez plutôt un modèle à 4 pieds, plus stable… et notez que l'empattement des pieds ouverts est assez grand, si bien que ce chevalet est parfait pour peindre à l'extérieur (c'est pour cela qu'il a été conçu), mais n'est guère commode à utiliser en espace restreint.
Les pinceaux et les brosses
Nous entrons là dans un univers compliqué, avec un choix très vaste de modèles, de formes, de nature et de qualité des poils…Vous ne manquerez pas en outre, lors de vos premiers achats, d'observer les grandes différences de prix selon les modèles…
Que faire lorsque l'on commence?
Tout d'abord, car vous reviendrez souvent au rayon pinceaux, apprenez à les connaître.
Ils portent en général un numéro qui est une indication de leur taille. Plus le numéro est élevé, plus le pinceau est gros.
Regardez ensuite la forme des poils. Pour la peinture à l'huile il y a 3 grandes formes: la forme ronde (l'extrémité du pinceau - la "fleur" du pinceau - est pointue), la forme plate rectangulaire, la forme plate arrondie à l'extrémité (dite en "langue de chat"). Une forme intermédiaire entre la brosse rectangulaire et la "langue de chat" est aussi souvent proposée.
Enfin regardez la longueur du manche et les mentions qui y figurent. Pour peindre à l'huile vous vous tiendrez assez loin de votre tableau de façon à bien percevoir l'effet des couleurs posées et la construction progressive de vos œuvres. C'est la raison pour laquelle les pinceaux utilisés en peinture à l'huile ont des manches longs, beaucoup plus longs que les pinceaux pour gouache ou aquarelle. Le fabricant porte sur le manche mention de sa marque et mention de la nature des poils du pinceau.
Ces poils peuvent être en fibre synthétique (nombreuses matières offertes), en soie de porc, en "petit gris", en martre, parfois en poils de bœuf ou de poney. Ces différentes matières vont donner aux pinceaux des qualités de souplesse ou de rigidité, d'élasticité, de capacité de rétention de la peinture…
Seul l'usage vous permettra de bien apprécier la "personnalité" de chaque type de pinceau en fonction de votre travail.
Pour commencer choisissez des pinceaux en fibres synthétiques, assez souples. Limiter vous au départ à deux pinceaux (un moyen ou gros et un petit) dans chacune des trois formes de base. Vous aviserez rapidement, après vos premières pochades, quels pinceaux complémentaires vous sont nécessaires.
Les pinceaux de qualité sont de prix élevé et il est important d'en prendre soin. Après chaque séance de peinture nettoyez vos pinceaux à la térébenthine puis lavez-les à l'eau, au savon de Marseille et essuyez-les dans leur forme. Rangez-les à plat ou pointe en l'air (debout dans un pot) Ces petits soins de beauté leur conserveront longtemps leurs qualités.
Un peu de bricole
Prévoyez quelques crayons pour dessiner vos esquisses. Choisissez une dureté moyenne pour la mine, type "HB". Ajoutez une gomme dans le lot car il ne faut laisser sur votre toile que les traits essentiels pour votre travail.
Vous aurez besoin d'un couteau pour enlever des sur-épaisseurs de peinture sur votre toile, gratter une couleur manquée… Un canif peut faire l'affaire mais un petit couteau à peinture est mieux adapté et sera utile si vous voulez travailler ou lisser des pâtes sur votre toile. Vous avez un large choix de dimensions et de forme de lames. Ma préférence va aux lames souples en forme de feuille de laurier mais, là encore, tout dépend de l'usage que l'on veut en faire. Ce petit outil est à prévoir dans votre panoplie.
Dans le domaine des bricoles chaque peintre en rajoute en fonction de sa façon de travailler et de ses manies. Mais vous avez là l'essentiel pour commencer…
Vous pouvez maintenant commencer vos emplettes et vous lancer dans vos premières pochades…